En Palestine, une ingénieure répare la bande de Gaza avec des parpaings écologiques faits de cendres

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Depuis 2006, la bande de Gaza connaît une pénurie de ciment. Pour y remédier, cette jeune ingénieure a imaginé un parpaing écologique à base de cendres.

Comment reconstruire une ville lorsque l’on ne dispose plus de ciment ? À Gaza, qui a subi des bombardements israéliens en juillet 2014 lors de l’opération militaire « Bordure protectrice », 18 000 maisons ont été endommagées et plus de 100 000 personnes se sont retrouvées sans toit – et cela, sans parler du bilan humain.


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Or, depuis l’arrivée du Hamas au pouvoir, un blocus imposé par le gouvernement israélien empêche la ville d’accéder à des matériaux de base. L’opération coupant ce ravitaillement vise à empêcher l’entrée des armes, mais son autre incidence est également de priver Gaza de parpaings. Alors que de nombreux immeubles demeurent en ruine, une certaine Majd Mashhrawi s’inquiète : « Pendant ma dernière année d’étude en génie civil, je n’arrêtais pas de me demander comment on pourrait répondre à cette misère », raconte-t-elle dans une interview à Fast Company. C’est ainsi que la jeune ingénieure palestinienne se met en tête d’imaginer des matériaux alternatifs.

Récupérer les cendres

Majd Mashhrawi remarque que chaque semaine, au moins six tonnes de cendres sont produites naturellement par la combustion du charbon et du bois pour la production d’énergie. Un vrai manque à gagner, si ce résidu pouvait être utilisé. C’est exactement ce que l’ingénieure parvient à faire en inventant le Green Cake.
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Le matériau inventé est aussi efficace que le béton classique. « Un moyen de remédier à la crise du logement et à l’absence de recyclage dans la bande de Gaza », fait remarquer We Demain. Avec un prix 25 % moins élevé et un poids deux fois moindre que le parpaing ordinaire, le Green Cake a tout pour plaire. Il ne lui reste plus qu’à passer une épreuve : celle du temps.
Bientôt, Majd Mashhrawi aimerait ouvrir une entreprise à Gaza et recruter quelques centaines de travailleurs. En attendant, celle qui a été finaliste du Index Award qui récompense chaque année « le design qui change le monde » (et qui a raté de peu la bourse du forum MIT de Jeddah) est à Boston dans le cadre d’un congrès ayant vocation à rapprocher les jeunes entrepreneurs et les investisseurs américains. « Je voudrais juste dire que la conclusion, c’est que si vous voulez vraiment trouver la solution à un problème, vous y parviendrez », lance-t-elle, toujours dans les colonnes de Fast Company. Un message encourageant et aussi inspirant que celui de Thibault Duchemin, le seul entendant de sa famille qui a créé un sous-titreur de poche pour personnes sourdes, dont on vous parlait récemment.

source : mashable.france24.com

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